Espace Diamant

Espace Diamant

Espace Diamant : Cinna ou la clémence d'Auguste


Marcuri 5 è ghjovi 6 di frivaghju à 8 ori è mezu
Mercredi 5 & Jeudi 6 février à 20h30
Création de la cie Théâtre du commun


D’après la pièce de Pierre Corneille
Mise en scène Noël Casale

Fêlures, failles, fuites. Une confidence, un mot de trop, une trahison… Ce que va alors accomplir d’inimaginable Auguste visera à mettre un terme à des siècles de violences, de meurtres et de folies. Et à donner naissance à un nouveau monde.
Une bande de jeunes romains pris dans une fureur de meurtre. Beaux, insolents et ravagés par une énergie et une violence dévastatrice. C’est Auguste, le très grand empereur romain, qu’ils vont assassiner. Ils sont sur le point de tuer un homme pour mettre fin à son règne en solitaire et restaurer la République. C’est un meurtre politique. Auguste doit mourir.

Depuis trente-cinq ans, je n'ai jamais connu, sur mon île natale, une période de paix. En politique, dans les mafias et, par effet de contamination, dans l'ensemble de la société, le meurtre fait partie des possibilités de régler plus ou moins définitivement, une affaire d'argent, un contentieux commercial, un problème affectif, une frustration intime, une rivalité politique, une dispute... De sorte qu'il ne vient plus à l'esprit de presque personne de s'alarmer pour un énième assassinat. On vide des chargeurs, ça tire dans tous les sens, nul n'est encore mort d'une balle perdue "mais ça va bien finir par arriver" et bien que ce ne soit finalement pas beau à voir, un meurtre, on finit toujours pas entendre - Tant qu'ils se tuent entre eux – ou bien - S'ils l'ont tué(e), c'est qu'il devait y avoir quelque chose. Comme s’il allait vraiment de soi que l'on peut être assassiné pour quelque chose. Ce qui est, in fine, le point de vue des tueurs. N.C.
 
Cie Théâtre du Commun                                                                                                                ‘
Avec : Olivier Bonnefoy, Yann Boudaud, Antonia Buresi, Edith Mérieau, Moustapha Mboup
Mise en scène : Noël Casale
Scénographie / costumes : Anne Leverzant
Lumière : Pierre Peyronnet
 
Co-production : Théâtre du Commun / Espace Diamant
Co-réalisation : Théâtre l’Échangeur - Bagnolet
 
Le Théâtre du Commun, fondé en 1995 par Noël Casale, reçoit le soutien de la Collectivité Territoriale de Corse, du Ministère de la Culture et de la Communication et de la Ville d’Ajaccio.

THÉÂTRE DU COMMUN
Création – Recherche - Enseignement
 www.theatreducommun.com

Le Théâtre du commun a été fondé à Paris en 1995 par Noël Casale et Marie-Eve Edelstein.
Il reçoit le soutien de la Collectivité Territoriale de Corse – Ministère de la Culture - au titre des compagnies conventionnées et de la Ville d’Ajaccio.

Le Théâtre du commun a pour but d’inventer et de soutenir des projets dont on ne connaît pas le résultat à l'avance.  
   
Depuis 2000, les soutiens que nous apportent la Ville d'Ajaccio et la Collectivité Territoriale de Corse (associés à d'autres – théâtres municipaux, scènes nationales, centres dramatiques nationaux, lieux de recherche, festivals, centres culturels français…) ont contribué à la réalisation et à la diffusion, auprès de très nombreux publics, de projets de recherche, de création et d'enseignement dans les domaines du théâtre, de l'écriture et de la lecture, à Ajaccio, en Corse, sur l’ensemble du territoire national et à l'étranger.

“Rien n’est plus étrange que la maladie qui régna pendant quelques mois dans Abdere, du temps de Lysimachus. C’était une fièvre chaude qui se dissipait au septième jour par quelque crise; mais elle causait un tel trouble dans l’imagination des malades qu’elle les convertissait en comédiens. Ils ne faisaient que réciter des morceaux de tragédie, et surtout l’Andromède d’Euripide, comme s’il eussent été sur le théâtre: de sorte qu’on voyait dans toutes les rues je ne sais combien de ces acteurs pâles et maigres qui faisaient de ces exclamations tragiques. Cela dura jusqu’à l’hiver suivant, qui fut fort froid, et par là plus propre à faire cesser cette rêverie”.
Pierre Bayle

"Epithersès racontait qu'un jour se rendant en Italie par la mer, il s'était embarqué sur un navire qui transportait des marchandises et de nombreux passagers. Le soir, comme on se trouvait déjà près des îles Echinades, le vent, soudain, tomba et le navire fut entraîné par les flots dans les parages de Paxos. La plupart des gens étaient éveillés et continuaient à boire après le repas. Soudain, une voix se fit entendre qui, de l'île de Paxos, appelait à grands cris Thomous. On s'étonne. Ce Thomous était un pilote égyptien, et peu de passagers le connaissaient par son nom. Il s'entendit ainsi nommer deux fois sans rien dire, puis la troisième fois, il répondit à celui qui l'appelait, et celui-ci, alors, enflant la voix, lui dit: - "Quand tu seras à la hauteur de Polodès, annonce que le grand Pan est mort". En entendant cela, tous furent glacés d'effroi. Comme ils se consultaient entre eux pour savoir s'il valait mieux obéir à cet ordre ou ne pas s'en inquiéter et le négliger, Thomous décida que, si le vent soufflait, il passerait le long du rivage sans rien dire, mais que, s'il n'y avait pas de vent et si le calme régnait à l'endroit indiqué, il répèterait ce qu'il avait entendu. Or, lorsqu'on arriva à la hauteur de Polodès, il n'y avait pas un souffle d'air, pas une vague. Alors Thomous, placé à la poupe et tourné vers la terre, dit, suivant les paroles entendues: - "Le grand Pan est mort". À peine avait-il fini qu'un grand sanglot s'éleva, poussé non pas par une, mais par beaucoup de personnes, et mêlé de cris de surprise".
Plutarque

Rédigé le Lundi 6 Janvier 2014 à 11:53 | Lu 185 commentaire(s)