C’est dans le cadre d’un partenariat renforcé dans le domaine de la création entre la Ville d’Ajaccio
et le Centre méditerranéen de la photographie, conventionné avec la Collectivité de Corse, que l’artiste
Alfons Alt a été invité en résidence d’artiste à l’automne 2025, afin d’y réaliser une commande photographique
inédite.
La Corse c’est une île ; rien que cette évidence est pour moi, Bavarois, une inconnue. Et l’inconnue fait toujours peur. Mais pourquoi avoir peur de l’inconnu ? Il faut juste le regarder ! J’ai fait mon premier séjour en Corse il y a vingt-sept ans.
Sur invitation d’un ami corse, originaire d’un petit village, en Balagne, non loin de Calvi, je foulais, équipé de mon Rolleiflex, pour la première fois, cette terre. Sans but précis, j’ai réalisé quelques photos de famille, de chèvres et de paysages.
Vingt-sept années plus tard, invité par le Centre Méditerranéen de la Photographie et par la Ville d’Ajaccio pour une résidence
d’artiste, je découvre la belle baie d’Ajaccio et son arrière-pays. « Mare et Monti », une vraie particularité de la Corse. C’est extraordinaire
de pouvoir contempler et photographier le littoral et les montagnes qui se jettent dans la mer.
Et comme la Corse est riche d’une histoire de plusieurs millénaires, cela donne à toutes mes images un parfum particulier.
C’est la raison pour laquelle j’utilise des pigments différents pour créer des ambiances nouvelles. Travailler en Corse a été un
véritable renouvellement. C’est une série à part au coeur de mon travail avec un accent particulier sur le paysage.
La Corse est un territoire clairement défini par la mer, qui la protège, on ne peut la quitter que par voie maritime ou aérienne, et
cela donne un sentiment de protection et renforce une atmosphère d’identité forte. Le peuple corse a su préserver sa culture,
son patrimoine et son agriculture. J’ai tenté de collecter ces images avant de les transfigurer dans mon atelier avec ma pratique
de procédés photographiques anciens et pigmentaires. Et cela, afin de toujours confronter les visuels nouveaux avec ma
matière en perpétuelle évolution. Alfons Alt, Bonnieux, le 29 mars 2026
La pratique photographique développée par Alfons Alt tient autant d'une connaissance précise et scientifique
des processus de révélation que d'une certaine forme d'alchimie (avec tout le caractère magique que ce terme peut
comprendre). La technique dite « Altotypie », une version simplifiée de la Résinotypie, qu'il utilise, allie les principes d'apparition
de la photographie à ceux de la peinture par l'utilisation de pigments qui vont plus ou moins colorer des zones
rendues auparavant photosensibles. Ce procédé photographique pigmentaire (non argentique) lui permet d'envisager
l'image au-delà du seul moment de la prise de vue à travers son intervention sur la préparation du support ainsi que
durant le moment de la révélation elle-même.
Les oeuvres d'Alfons Alt sont peuplées d'animaux, de nature, de mythologie ou de ville. Cette fascination pour
le biologique et son organisation l'entraine dans une sorte d'inventaire infini, de taxinomie subjective et sensible du
monde dans laquelle des termitières cohabitent avec des célèbres gestes architecturaux, ou des plantes invasives de
l’Amazonie revêtent des apparences de monuments et où la « faune » new-yorkaise voisine avec celle du Pakistan. Tout
ici est attrapé, comme une parcelle de vivant épinglée sur un mur.
des processus de révélation que d'une certaine forme d'alchimie (avec tout le caractère magique que ce terme peut
comprendre). La technique dite « Altotypie », une version simplifiée de la Résinotypie, qu'il utilise, allie les principes d'apparition
de la photographie à ceux de la peinture par l'utilisation de pigments qui vont plus ou moins colorer des zones
rendues auparavant photosensibles. Ce procédé photographique pigmentaire (non argentique) lui permet d'envisager
l'image au-delà du seul moment de la prise de vue à travers son intervention sur la préparation du support ainsi que
durant le moment de la révélation elle-même.
Les oeuvres d'Alfons Alt sont peuplées d'animaux, de nature, de mythologie ou de ville. Cette fascination pour
le biologique et son organisation l'entraine dans une sorte d'inventaire infini, de taxinomie subjective et sensible du
monde dans laquelle des termitières cohabitent avec des célèbres gestes architecturaux, ou des plantes invasives de
l’Amazonie revêtent des apparences de monuments et où la « faune » new-yorkaise voisine avec celle du Pakistan. Tout
ici est attrapé, comme une parcelle de vivant épinglée sur un mur.