Roméo et Juliette ?
Parmi toutes les fables dont se nourrissent le savoir et la rêverie, la littérature et les beaux-arts, celle de Roméo
et Juliette, amants exemplaires frappés d'un sort contraire, est universellement connue. Elle naît en Italie au XV siècle, se développe et circule, via la France, au XVI et au début du XVII siècle. L'histoire mentionne çà et là des Roméo et Juliette aujourd'hui oubliés. On note ainsi que bien avant Shakespeare et Lope de Vega, Cosme Chasteauvieux fait jouer en France un Roméo et Juliette tiré de Matteo Bandello. Pour Shakespeare comme pour Lope de Vega, la source première est dans l'« Histoire de deux amants dont l'un mourut de venin et l'autre de tristesse » de Pierre Boaistuau, adapté d'une nouvelle de Bandello. Shakespeare la reçut par le truchement du poème d'Arthur Brooke, inspiré directement des Histoires tragiques de Boaistuau. Mais sans se perdre dans le dédale des origines, influences et emprunts, il convient de rappeler que Bandello a lui-même adapté sa nouvelle du récit de Luigi da Porto, le premier véritablement à dédier à la postérité les noms des deux amants et des familles rivales.
Rosello et Giulietta
Toute la fable est là dans ces trois « journées » aux rebondissements imprévus : la rivalité des Castellini et des
Monti qui entretient le désordre et le meurtre dans la cité, la témérité de Rosello se rendant au bal des Castellini, le coup de foudre de l'amour, le mariage clandestin, le philtre qui fait croire à la mort de Giulietta et la conduit au tombeau, la réconciliation des deux familles par la grâce d'un amour exceptionnel…
La version de Lope de Vega, écrite entre 1604 et 1618, est évidemment fort éloignée de celle de Shakespeare –
datant de 1597.
Par un extravagant coup de théâtre, trois mariages scellent, en effet, la réconciliation des deux clans : de Rosello et de Giuletta d'abord, du valet de Rosello et de la soubrette de Giuletta ensuite et, finalement, de l'ami de Rosello et de la nièce du père de Giuletta. La cocasserie se mêle au tendre quand se rencontrent les amoureux ; le valet poltron de Rosello exécute un véritable numéro burlesque dans le caveau mortuaire...
Nous sommes bien dans la Comedia…
Comedia
Lope de Vega a donc choisi un dénouement heureux. Car la Comedia c'est, par-dessus tout, un jeu. Et quel jeu !
Avec une débauche de péripéties, d'aventures de cape et d'épée, de masques, de danses, de sérénades, de déguisements, de complications d'intrigues et d'inventions dramatiques à n'en plus finir. Le mot Comedia, en espagnol (et avec un seul « m »), désigne le théâtre avec une diversité de significations débordant la classification traditionnelle
des genres comique, tragique et tragi-comique.
Parmi toutes les fables dont se nourrissent le savoir et la rêverie, la littérature et les beaux-arts, celle de Roméo
et Juliette, amants exemplaires frappés d'un sort contraire, est universellement connue. Elle naît en Italie au XV siècle, se développe et circule, via la France, au XVI et au début du XVII siècle. L'histoire mentionne çà et là des Roméo et Juliette aujourd'hui oubliés. On note ainsi que bien avant Shakespeare et Lope de Vega, Cosme Chasteauvieux fait jouer en France un Roméo et Juliette tiré de Matteo Bandello. Pour Shakespeare comme pour Lope de Vega, la source première est dans l'« Histoire de deux amants dont l'un mourut de venin et l'autre de tristesse » de Pierre Boaistuau, adapté d'une nouvelle de Bandello. Shakespeare la reçut par le truchement du poème d'Arthur Brooke, inspiré directement des Histoires tragiques de Boaistuau. Mais sans se perdre dans le dédale des origines, influences et emprunts, il convient de rappeler que Bandello a lui-même adapté sa nouvelle du récit de Luigi da Porto, le premier véritablement à dédier à la postérité les noms des deux amants et des familles rivales.
Rosello et Giulietta
Toute la fable est là dans ces trois « journées » aux rebondissements imprévus : la rivalité des Castellini et des
Monti qui entretient le désordre et le meurtre dans la cité, la témérité de Rosello se rendant au bal des Castellini, le coup de foudre de l'amour, le mariage clandestin, le philtre qui fait croire à la mort de Giulietta et la conduit au tombeau, la réconciliation des deux familles par la grâce d'un amour exceptionnel…
La version de Lope de Vega, écrite entre 1604 et 1618, est évidemment fort éloignée de celle de Shakespeare –
datant de 1597.
Par un extravagant coup de théâtre, trois mariages scellent, en effet, la réconciliation des deux clans : de Rosello et de Giuletta d'abord, du valet de Rosello et de la soubrette de Giuletta ensuite et, finalement, de l'ami de Rosello et de la nièce du père de Giuletta. La cocasserie se mêle au tendre quand se rencontrent les amoureux ; le valet poltron de Rosello exécute un véritable numéro burlesque dans le caveau mortuaire...
Nous sommes bien dans la Comedia…
Comedia
Lope de Vega a donc choisi un dénouement heureux. Car la Comedia c'est, par-dessus tout, un jeu. Et quel jeu !
Avec une débauche de péripéties, d'aventures de cape et d'épée, de masques, de danses, de sérénades, de déguisements, de complications d'intrigues et d'inventions dramatiques à n'en plus finir. Le mot Comedia, en espagnol (et avec un seul « m »), désigne le théâtre avec une diversité de significations débordant la classification traditionnelle
des genres comique, tragique et tragi-comique.